Interview

La Foire de Bordeaux se réinvente : l’agriculture au cœur de l’événement

La Foire de Bordeaux 2026 marque une nouvelle étape dans l’évolution de l’événement. Avec un format repensé, de nouvelles expériences pour les visiteurs et une expérience plus immersive, cette édition du renouveau s’appuie aussi sur un partenaire historique : le Salon de l’Agriculture Nouvelle-Aquitaine. Aymeric Peneau, directeur de la Foire de Bordeaux, et François Trignol, commissaire général du Salon de l’Agriculture Nouvelle-Aquitaine, partagent leur vision d’une collaboration stratégique. Réussie ?
 

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Cette édition 2026 de la Foire de Bordeaux est annoncée comme celle du renouveau. En quoi se réinvente-t-elle ?

Aymeric Peneau (AP) : Elle marque en effet un véritable tournant. D’abord par son format : la Foire s’ouvre désormais dès le vendredi, avec une journée d’ouverture gratuite jusqu’à 19h. Elle sera plus festive, avec trois nocturnes, pendant lesquelles seront organisées un feu d’artifice, un blind test et plusieurs concerts, dont celui du groupe Bon Entendeur, accessible avec un billet Foire valable 10 jours, et un RFM Music Live gratuit. Nous avons également repensé les espaces pour proposer une Foire plus dense et conviviale. La circulation entre les halls évolue et un nouvel espace central voit le jour : la Place de la Foire, un véritable cœur de vie réunissant exposants, producteurs et visiteurs autour d’un esprit de partage. Dernière nouveauté, et pas des moindres : le Salon de l’Agriculture Nouvelle-Aquitaine occupera désormais une place centrale, dans les halls 1 et 4.


Dans cette nouvelle dynamique, quelle place occupe justement le Salon de l’Agriculture Nouvelle-Aquitaine ?

AP : Le Salon de l’Agriculture est un partenaire historique de la Foire de Bordeaux. Il en constitue même une dimension très particulière, qui rend cet événement assez atypique parmi les grandes foires. Ce rendez-vous est à la fois un concours professionnel, un moment de rencontre pour les filières agricoles, mais aussi avec les visiteurs. C’est un lieu de pédagogie autour de l’agriculture, qui aborde en parallèle des thématiques essentielles comme l’emploi et la formation. Ces valeurs résonnent profondément avec notre projet : le partage, la convivialité et l’ancrage territorial. La Foire de Bordeaux est aussi, d’une certaine manière, celle de toute la Nouvelle-Aquitaine. Et le Salon de l’Agriculture incarne parfaitement cette dimension régionale à travers la diversité des productions et des savoir-faire représentés.


Le Salon de l’Agriculture Nouvelle-Aquitaine, un événement dans l’événement

Longtemps présent au sein de la Foire, le salon franchit une nouvelle étape dans son intégration au parcours des visiteurs. Plus visible, il devient l’un des piliers de l’expérience 2026.

Pour François Trignol, récemment nommé commissaire général du Salon de l’Agriculture, cette évolution marque une opportunité : celle de renforcer le dialogue entre le monde agricole et le grand public, tout en affirmant la place du salon comme rendez-vous majeur des filières régionales.


François Trignol, vous venez d’être nommé commissaire général du Salon de l’Agriculture Nouvelle-Aquitaine. Pourquoi avoir accepté cette responsabilité ?

François Trignol (FT) : J’ai longtemps été directeur de la Chambre d’agriculture de Corrèze. Lorsque j’ai quitté ces fonctions pour m’installer comme agriculteur, son président, Bernard Layre, m’a proposé de prendre la suite de Bruno Millet pour accompagner le salon. J’ai accepté assez naturellement ce challenge. Ce salon possède une identité particulière en étant associé à une foire reconnue. Cette capacité à relier agriculture et public urbain a été une motivation forte pour m’engager dans cette mission.


Comment définiriez-vous aujourd’hui l’identité du Salon de l’Agriculture Nouvelle-Aquitaine ?

FT : Historiquement, les foires étaient très liées à l’agriculture. Avec le temps, elles se sont davantage orientées vers l’habitat, l’équipement de la maison ou la consommation. L’agriculture restait présente, mais parfois un peu à part. L’ambition aujourd’hui est de réintégrer pleinement le salon dans la Foire. Nous voulons retrouver un fonctionnement où la découverte du monde agricole, la gastronomie et les produits du terroir dialoguent directement avec le public. L’idée est simple : amener la ferme en ville. À Bordeaux, les visiteurs auront l’occasion de découvrir toute la diversité des élevages - bovins, ovins, équins, volailles - mais aussi la richesse gastronomique de la région. Par ailleurs, nous accordons beaucoup d’importance aux jeunes, puisque les lycées agricoles de la région s’affrontent à travers un challenge qui valorise la filière professionnelle


Quelles sont les ambitions du salon pour cette édition ?

FT : Le salon doit permettre d’expliquer les filières, les modes de production et les réalités du métier. Il nous tient à cœur de transmettre aux jeunes générations. Des visites seront organisées pour les écoles du bassin bordelais afin de leur faire découvrir les différentes filières agricoles de la région. Le salon mettra également en avant les produits et savoir-faire du territoire, notamment avec la présence de l'Agence de l'Alimentation Nouvelle-Aquitaine (AANA) et de nombreuses filières professionnelles. Enfin, nous souhaitons renforcer à l’avenir le lien entre agriculture et gastronomie.


En quoi le Salon de l’Agriculture Nouvelle-Aquitaine contribue-t-il à faire de la Foire de Bordeaux un rendez-vous stratégique pour le territoire ?

FT : Le salon joue un rôle important pour les filières agricoles et les décideurs publics. Il constitue un moment où l’ensemble des acteurs - élus, responsables professionnels, coopératives et organisations agricoles - peuvent se rencontrer. L’objectif est de faire de ce rendez-vous l’événement agricole institutionnel majeur de Nouvelle-Aquitaine. C’est un lieu où l’on peut débattre des enjeux de demain : la gestion de l’eau, l’évolution des systèmes de production, les investissements ou encore le développement des filières. Ces discussions sont essentielles pour orienter l’agriculture régionale dans les années à venir.